Catégories

LA BASTIDE-CLAIRENCE

  De nombreuses possibilités

  d'HEBERGEMENTS s'offrent à

  vous pour nous rendre visite à

  La Bastide Clairence

Patrice cantalejo, tisseur contemporain

Patrice Cantalejo propose ses tissages pour l’ameublement, les accessoires de mode, l’habillement et la fabrication de bijoux textiles.

Il se définit comme artisan. Sa démarche est guidée par des valeurs comme la préservation de notre patrimoine, le respect des traditions, l’exigence de qualité, la maîtrise du savoir-faire et sa transmission.

Il travaille avec les mêmes outils et de la même façon qu’il y a plusieurs siècles.

Aussi simples que puissent paraître ces techniques, elles n’empêchent nullement la créativité. Car les métiers à basse lice ont l’avantage de laisser libre cours à la main de l'artisan.

« Il me faut sans cesse innover, afin de lutter contre la connotation parfois démodée que l'on peut être tenté d'associer à la passementerie. » 

Que ce soit pour tisser des articles pour les plus belles demeures, pour les couturiers parisiens ou bien pour créer des bijoux uniques, Patrice Cantalejo mélange les matières les plus nobles, fils de soie, véritables fils d’or ou fils d’argent.

Aucune machine ne peut remplacer la main de l’homme pour réaliser des tissages aussi complexes.
 

La passementerie dans l'histoire

Si l’on définit la passementerie comme l'art et les mille manières de tisser ou d'entrecroiser des fils sur de petites largeurs, elle n'est pas une invention de l’Europe « civilisée ». Elle existe en fait depuis des lunes. Tissage, entortillage et nouage de fibres appartiennent au patrimoine le plus ancien de l'humanité, qui se définit au moins autant par l'art de vivre avec ses morts que par celui de la parure. Se protéger, du monde et des maléfices ! Et puis désir et plaisir de se faire beau ! Parfois jusqu’à l'excès.

La première application de ces gestes textiles fut sans doute la frange. Avant d’être un travail de finition et d’embellissement, elle est d’abord un « vêtement ». Et la première « Venus » à la porter, peut-être celle de Lespugue (statuette datant de 20 000 ans, à voir au musée de l’Homme) : son énorme fessier porte une longue frange partant en pointe et fixée à une étroite bande sans doute de fibre végétale. (...)

La soie chinoise fut l'objet d’un commerce avec tout l’Empire romain qui atteint son apogée au second siècle de notre ère. A son arrivée en Occident, les tisserands l’utilisèrent beaucoup pour en faire des rubans colorés que l'on cousait sur des étoffes de lin, à moins que ces galons chatoyants ne proviennent de bandes découpées dans des pièces de soie usagée.

Au VIe siècle, les marchands occidentaux s’affranchissent du monopole chinois en important l’élevage du vers à soie. L’histoire parle de vol. Cette acclimations ne fut, d’ailleurs, pas si simple à entreprendre. Mais à partir de là, I’artisanat et le commerce de la soie se sont développés sur tout le pourtour de la Méditerranée suivant l’extension de la culture arabo-andalouse.

De cette culture méditerranéenne, peu de documents orignaux nous sont parvenus des périodes antérieures au Moyen-Age. Aussi faut-il être prudent sur la nature du textile que l’on peut tirer d'une image. Seuls ceux de l’art copte (des chrétiens de la vallée du Nil entre le IIIe et le VIe siècle) ont pu être conservés grâce à la sécheresse du climat. Ainsi les galons historiés, en chaîne de lin et trame de laine ou de lin. Leurs motifs sont géométriques ou floraux, ou à figures d'hommes ou d'animaux, et sont réalisés à la navette volante. Ils témoignent d’un grand sens décoratif et provoquent en nous l‘émotion qui peut naître de la fragilité et de la beauté où se résume toute la culture du monde.

Source :
"La passementerie, catalogue de l’exposition au couvent des cordeliers. Métiers d’art de Paris 1993"